FFME iMag - Le magazine de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade - 11 : Décembre 2016

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Un spot, un athlète

Julien Gasc nous raconte Rodellar... et Bercy !

Le grimpeur de l'équipe de France d'handi-escalade Julien Gasc nous raconte son spot de grimpe préféré, Rodellar en Espagne. Il nous parle aussi de son « incroyable » expérience aux Championnats du monde handi-escalade de Paris.

Rodellar dans les Pyrénées espagnoles. Ses quelques 300 voies entre le 4a et le 9a, très « à bras ». Ses paysages hors du commun au cœur d'un canyon. La chaleur de l'été et l'ambiance de fête au camping local. On se prend à rêver non ? Rodellar est un site majeur de l'escalade, pas de doute là-dessus.


Et Rodellar est bien plus qu'un simple spot de grimpe, pour Julien Gasc. Ce véritable « paradis de l'escalade » a été le théâtre de certains des instants les plus riches de sa vie de grimpeur. Et de moments parmi les plus intenses de sa vie d'homme. Une belle histoire. « Je venais tous les étés sur ce spot. Entre amis, on grimpait fort, c'était les vacances. Je travaillais notamment une voie dure dans le « Dauphin » de Rodellar, ce secteur creusé dans la roche en surplomb total. Une arche en fait, où la grande partie des mouvements se font sous le toit à l'horizontal.»


« La première fois que je me suis essayé à cet itinéraire aux portes du 8e degré, c'était en 2007. J'ai échoué. J'ai réessayé tous les ans ensuite, en vain. Et puis on m'a diagnostiqué ma maladie en 2014, je devais être opéré plus tard cette même année et j'allais perdre mon pied. En attendant, je suivais une chimio-thérapie. Bref, c'était une période très compliquée. Je suis arrivé dans ce contexte à Rodellar cet été-là. J'avais l'air malade. Je me suis quand même essayé au Dauphin. Et contre toute attente, j'ai sorti la voie. Je n'y croyais pas. Cela m'a permis de me dire que ma carrière de grimpeur n'était pas derrière moi. Loin de là. »


Une belle histoire effectivement et une petite revanche sur la vie pour le grimpeur, qui malgré son handicap n'a rien perdu du niveau qui était le sien lorsqu'il était grimpeur valide. « Attention, c'est beaucoup plus dur de pratiquer avec la prothèse. Je suis étonné moi-même d'arriver encore à grimper dans le 8e degré. C'est que j'ai dû progresser physiquement. Mais il a fallu travailler dur pour cela. A force de motivation, je suis revenu au niveau. Et j'ai un 8a+ en ligne de mire aujourd'hui. Cela me semblait impossible avant mon opération, mais oui, je suis encore en train de progresser », affirme celui qui se jugeait simplement comme un « bon grimpeur amateur » lorsqu'il était valide. Il est aujourd'hui une des figures de proue de l'équipe de France handi-escalade.


Un statut qui lui a permis de participer aux Championnats du monde handi-escalade de Paris cette année. « J'ai un ami commun avec Sébastien Gnecchi - l'entraîneur de l'équipe de France handi-escalade - qui m'a convaincu de participer au sélectif de Marseille ce début de saison. » Une compétition qu'il remporte et qui lui vaut une place en sélection nationale. Il prend alors la direction de Campitello di Fassa (ITA) pour sa première Paraclimbing Cup. Première compétition internationale et nouvelle médaille d'or pour le grimpeur. Il était fin prêt pour la plus grosse échéance de la saison : les Championnats du monde de Paris.


« Quelle expérience hors du temps. Je suis quelqu'un d'assez émotif et gérer la pression, les sollicitations et l'engouement propres à un tel rendez-vous a été très compliqué » assure le compétiteur. « Mais c'était exceptionnel. Je ne suis pas sûr de m'en être rendu compte à chaque instant durant l'événement, mais c'est évidemment une expérience incroyable pour un grimpeur. »

La catégorie de Julien Gasc - amputé jambe - a eu la chance d'avoir sa finale se dérouler le dimanche après-midi, journée regroupant le plus de public dans l'AccorHotels Arena.


« Lorsque je suis tombé et que je me suis retourné pour observer la foule, l'émotion fut indescriptible. Je me suis rendu compte à ce moment-là que dans les minutes précédentes, j'étais le seul grimpeur sur le mur et que ces milliers de spectateurs ne regardaient que moi. C'était très fort. »

Julien Gasc y prendra la médaille d'argent. Bien sûr qu'il grimpait pour le titre et qu'il avait les moyens d'aller le chercher. Il le prouvera quelques semaines plus tard à Sheffield (GBR) en prenant l'or lors de sa seconde Paraclimbing Cup de la saison. Mais à Bercy, le Français se souviendra surtout des émotions. Et notamment celle d'avoir été applaudi par plusieurs milliers de spectateurs.

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